L’inquiétude gagne du terrain dans la vallée du fleuve Sénégal. Producteurs et transformateurs tirent la sonnette d’alarme face à une situation devenue critique : plus de 50 000 tonnes de riz restent stockées, sans débouchés depuis près de quatre mois.
Cette accumulation intervient pourtant dans un contexte de performances agricoles remarquables. Entre la contre-saison et l’hivernage, la production a franchi la barre des 200 000 tonnes de riz blanc, un niveau record. Mais cette abondance, au lieu de profiter à la filière, se transforme aujourd’hui en véritable casse-tête.
Dans les entrepôts, près de 14 000 tonnes de riz blanc et environ 40 000 tonnes de paddy peinent à trouver preneurs. Une situation qui impacte directement les unités de transformation, dont certaines ont ralenti, voire suspendu leurs activités. Résultat : de nombreux travailleurs se retrouvent en chômage technique.
Les acteurs de la filière pointent du doigt le manque de soutien de l’État. Ils réclament notamment l’instauration d’une subvention de 50 F CFA par kilogramme afin de renforcer la compétitivité du riz local face aux importations.
Autre source de frustration : les achats institutionnels annoncés par le Premier ministre Ousmane Sonko tardent à se concrétiser. « Depuis ces annonces, aucune avancée n’a été enregistrée. Le dossier ne semble même pas encore traité au niveau du ministère des Finances », déplore Alioune Diagne.




