Le suivi du Plan d’action national des entreprises et des droits de l’homme a réuni à Thiès plusieurs acteurs institutionnels et de la société civile, dont la Direction des droits humains du ministère de la Culture, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la Commission nationale des droits de l’homme du Sénégal, le Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDES) et le Forum civil.

Pour les organisateurs, ce plan se distingue par son élaboration participative, nourrie de concertations menées entre 2024 et 2025 sur l’ensemble du territoire. Ces échanges ont permis d’évaluer les impacts des projets de développement, notamment les opérations de délocalisation et de réinstallation, en intégrant davantage les réalités sociales et culturelles des populations concernées.

Pour Fatima Amar, de la Direction des droits humains, le Sénégal fait figure de pionnier dans l’espace francophone avec ce dispositif structurant.

De son côté, Abdou Aziz Diop (Forum civil) salue une dynamique de consolidation, mais insiste sur les limites actuelles du cadre juridique. Il pointe notamment la prise en compte insuffisante des dimensions anthropologiques, notamment les sites sacrés comme les cimetières ou lieux de culte lors des déplacements de communautés.

Selon lui, les concertations ont permis de passer de la dénonciation à des solutions plus pragmatiques, fondées sur le consentement libre et éclairé des populations.

Si le plan a déjà obtenu une validation technique, les acteurs appellent désormais les autorités à franchir l’étape décisive : la validation politique, afin de faire du Sénégal le premier pays francophone à formaliser pleinement ce cadre national.

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