Transfèrement de Farba Ngom au pavillon spécial : la défense fait appel

117

Rejetée dans sa demande de liberté provisoire, la défense de l’ancien député-maire des Agnam a interjeté appel après l’ordonnance de transfèrement de son client au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Une décision judiciaire qui soulève de vifs débats entre rigueur pénale et impératifs sanitaires.

Une décision défavorable du PJF

Le Pool judiciaire financier (PJF) de Dakar a opposé une fin de non-recevoir à la requête de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de Mouhamadou Ngom, dit Farba. Dans son ordonnance, notifiée ce vendredi 12 septembre 2025, le président du collège des juges d’instruction financiers a confirmé le maintien en détention de l’ex-député-maire des Agnam, tout en ordonnant son transfèrement au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec.

Cette décision intervient dans le cadre de l’affaire retentissante des 31 milliards de francs CFA, dans laquelle Farba Ngom est poursuivi pour blanchiment d’argent, association de malfaiteurs et complicité d’escroquerie.

La riposte des avocats

Face à ce revers, la défense n’a pas tardé à réagir. Me Baboucar Cissé, avocat à la Cour et conseil de Farba Ngom, a déposé le jour même un recours devant la Chambre d’accusation. Pour les avocats du député, la détention demeure incompatible avec l’état de santé critique de leur client, comme l’attestent deux expertises médicales indépendantes menées par des professeurs éminents de la médecine sénégalaise.

Le document officiel, signé par le greffier de la Chambre de jugement du PJF, acte la procédure d’appel, marquant un nouveau bras de fer judiciaire.

Un tableau médical alarmant

Le diagnostic de Farba Ngom révèle une situation préoccupante : syndrome d’apnée obstructive sévère, cardiopathie débutante, diabète ancien, obésité, antécédents cardiovasculaires, fatigue chronique et un risque élevé de mort subite nocturne.

Malgré ces constats, le juge a privilégié une option médiane : refuser la liberté provisoire mais accorder un transfert sous surveillance pénitentiaire dans une unité hospitalière sécurisée.

Entre fermeté judiciaire et droits humains

La décision divise. D’un côté, elle illustre la volonté de la justice de tenir ferme face aux pressions, dans un dossier aux enjeux financiers colossaux. De l’autre, elle est critiquée par des organisations comme Amnesty International, la Raddho et la Commission nationale des droits humains, qui dénoncent une détention jugée « incompatible avec la dignité humaine ».

Ce cas relance un débat sensible : jusqu’où la justice peut-elle aller dans la rigueur pénale sans compromettre le droit fondamental à la santé et à la vie ?

Description de l'image
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires