Le 6 juin 2025, le groupe paramilitaire russe Wagner a annoncé la fin officielle de ses opérations au Mali, mettant un terme à plus de trois ans d’engagement aux côtés des autorités maliennes dans la lutte contre le terrorisme. Cette annonce, diffusée via un message sur la chaîne Telegram du groupe, marque un tournant dans la stratégie sécuritaire du pays sahélien.
Dans son communiqué, Wagner a déclaré avoir « terminé sa mission principale au Mali », soulignant avoir combattu aux côtés du peuple malien contre le terrorisme, éliminé des milliers de militants et aidé à la création d’une armée forte et disciplinée. Le groupe affirme que toutes les capitales régionales sont désormais sous le contrôle des autorités légitimes.
Le retrait de Wagner intervient dans un contexte de réorganisation des forces russes en Afrique. Le Corps africain des forces armées russes, également connu sous le nom d’Africa Corps, prend désormais le relais. Cette entité paramilitaire, étroitement contrôlée par l’État russe, a été déployée au Mali depuis décembre 2024, avec une présence estimée entre 1 500 et 2 000 hommes, principalement à Bamako et dans le centre du pays.
Cependant, la transition entre Wagner et l’Africa Corps ne se fait pas sans heurts. Des tensions ont été rapportées entre les forces maliennes et les mercenaires russes, notamment après une lourde défaite face aux rebelles touaregs du Cadre stratégique permanent pour la défense du peuple de l’Azawad (CSP-DPA) à Tinzaouatène en juillet 2024. Les pertes humaines et matérielles ont été significatives, et l’absence de contre-offensive a mis en lumière des divergences stratégiques entre les alliés .  
Par ailleurs, des accusations de violations des droits de l’homme pèsent sur les forces russes. En juin 2024, des massacres de civils touaregs ont été attribués aux Forces armées maliennes et au Groupe Wagner dans la région d’Abeïbara, avec au moins 60 à 70 morts. Plus récemment, en avril 2025, des experts de l’ONU ont appelé les autorités maliennes à enquêter sur des exécutions sommaires et des disparitions forcées présumées commises par l’armée et des mercenaires russes.  
La situation sécuritaire au Mali reste préoccupante. Le 2 juin 2025, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) a mené une attaque coordonnée à Tombouctou, ciblant notamment le camp militaire et l’aéroport où étaient basés des mercenaires de Wagner. Cette attaque souligne la persistance de la menace djihadiste dans le pays.
Face à ces défis, la Russie semble recalibrer sa stratégie en Afrique, en mettant l’accent sur la formation des forces armées locales plutôt que sur une implication directe dans les combats. Cette approche vise à renforcer la présence russe tout en minimisant les risques pour ses propres troupes.
La fin de la mission de Wagner et la montée en puissance de l’Africa Corps marquent une nouvelle phase dans la coopération militaire entre le Mali et la Russie. Toutefois, les défis sécuritaires et les tensions persistantes soulignent la complexité de la situation sur le terrain et la nécessité d’une approche concertée pour restaurer la stabilité dans la région. 
Raune





