La célébration de la fête de l’Indépendance à Thiès ne peut et ne doit pas se réduire à une simple délocalisation protocolaire. Elle devrait s’inscrire dans une vision ambitieuse, structurante et durable, à l’image des « grappes de convergence » initiées à l’époque d’Idrissa Seck, qui avaient permis à la ville de franchir un cap décisif en matière d’infrastructures et d’aménagement urbain.
À un mois de l’événement, le constat est préoccupant : aucune réalisation majeure n’est visible. Les routes demeurent fortement dégradées, les chantiers inachevés stagnent et les attentes des populations restent sans réponse. Les Thiessois ne veulent pas d’une fête simplement déplacée ; ils veulent une fête utile, porteuse de modernisation, synonyme d’achèvement des projets en souffrance et de mise à niveau des infrastructures essentielles.
Le contraste est d’autant plus frappant que l’actuel maire, Babacar Diop, qui n’hésitait pas autrefois à saluer les réalisations de son prédécesseur et à évoquer les correspondances stratégiques qu’il avait su établir avec les plus hautes autorités de l’État pour défendre les intérêts de Thiès, semble aujourd’hui frappé d’amnésie politique. Son silence est éloquent. Lors de ses différentes rencontres, y compris un forum récent d’envergure, aucune référence n’a été faite à celui qui a pourtant profondément transformé la ville.
Or, il est difficile d’ignorer que nombre d’actions mises en avant aujourd’hui relèvent davantage de l’entretien que de la transformation structurelle : remplacement de lampadaires, pavage de l’avenue Caen une artère pensée et conçue dans une vision d’ensemble par Idrissa Seck, qui projetait déjà des aménagements paysagers ambitieux jusqu’à la création d’un véritable bois urbain.
Si Thiès était une jeune fille, Idrissa Seck l’aurait façonnée, structurée et parée de ses plus beaux atours ; l’actuelle équipe municipale se serait contentée d’en raviver l’apparence.
Plus regrettable encore, certains jeunes proches du maire s’emploient aujourd’hui à ternir l’image d’Idrissa Seck sur les réseaux, sans que le premier magistrat de la ville ne prenne clairement ses distances. Fort heureusement, de nombreux Thiessois ont su rétablir les faits et rappeler la mémoire des réalisations.
Parler de la fête de l’Indépendance à Thiès sans évoquer Idrissa Seck relève non seulement d’un oubli, mais d’une forme d’ingratitude historique. Car c’est bien lui qui en a tracé la voie et posé les fondations du Thiès moderne.
Cheikh Gaye
Citoyen thiessois




